Une nouvelle aide de l'Etat pour la rénovation thermique des copropriétés fragiles

Publié le jeudi 27 avril 2017 à 10:29

EXCLUSIF. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) lance une aide à destination des copropriétés fragiles. Enjeu : les inciter à lancer des travaux de rénovation énergétique avant qu'elles ne se dégradent. 145 millions d'euros seront débloqués par an.

Le vent d'hiver souffle mais votre mur donnant sur l'extérieur ressemble à une passoire ? Votre chaudière patine, vos radiateurs suffoquent, tandis que vos charges de chauffage sont gonflées à l'hélium ? Copropriétaires, votre cauchemar énergétique pourrait bientôt toucher à sa fin.

L'Agence nationale de l'habitat (Anah), dont la principale mission est d'améliorer le parc privé de logements en France, s'apprête à lancer un nouveau dispositif afin d'inciter certaines copropriétés à accélérer la rénovation thermique de leurs appartements.

Alors qu'elle soutient depuis cinq ans les copropriétés dégradées avec des propriétaires qui n'ont pas toujours les moyens de réaliser les travaux énergétiques, sa nouvelle aide (Habiter mieux copropriété) s'adressera aux copropriétés fragiles dont les charges sont élevées pour cause de mauvaise isolation notamment -- l'étiquette énergétique des logements concernés varie entre D et G. Mais qui ont aussi du mal à payer leurs factures (taux d'impayés entre 8 % et 15 ou 25 % selon la taille de la copropriété).

Objectif : intervenir avant que ces résidences ne se détériorent.

Au moins 35 % d'économies d'énergie

Le projet est ambitieux. Grâce à une enveloppe de 145 millions d'euros par an, l'Anah propose d'acquitter 25 % de l'addition. Avec le fonds d'aide à la rénovation thermique (Fart), ça peut monter à un tiers de la facture.

Un exemple ? Dans une «copro» de 30 logements avec chauffage collectif, pour un coût de travaux de 15 000 euros par appartement, le chèque serait de 5 250 euros, l'Anah peut également accompagner les apprentis rénovateurs en leur permettant d'identifier puis de lancer le bouquet de travaux nécessaires (changement de chaudière, isolation du toit, ventilation efficace...).

Précision de taille, les propriétaires ont une obligation de résultat. A l'issue des travaux, les économies d'énergie doivent être a minima de 35 %. Si à l'UFC-Que choisir on salue le principe, Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie, apporte une nuance de taille : «Si on veut que ce dispositif soit vraiment efficace, ce sont les professionnels, et non les particuliers, qui devraient être soumis à cette obligation de résultat. Trop souvent, les professionnels ne s'engagent pas, assure-t-il. Or, si les économies d'énergie ne sont pas au rendez-vous, cela peut mettre en difficulté le propriétaire, qui doit payer la facture des travaux sans pour autant voir ses charges baisser...»

En tout cas, si vous êtes intéressé, lancez-vous vite : les travaux devant être votés en assemblée générale, il est temps d'inscrire la question à l'ordre du jour.

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